La longue marche vers la résilience

La longue marche vers la résilience

La crise sanitaire que nous traversons amène les collectivités à s’interroger sur leur capacité d’adaptation aux catastrophes à venir, autrement dit à leur résilience, qui peut aboutir à de nouveaux modèles de développement.

Personne n’avait prévu l’ampleur de la crise sanitaire que nous venons de vivre, que ce soit au niveau mondial, national ou local. Ces dernières années, le danger le plus immédiat semblait plutôt venir des aléas climatiques ou des attentats. Il était envisagé au travers des schémas de prévention des risques, des plans communaux de sauvegarde et autres dispositifs de continuité d’activité, pas toujours opérants. La résilience est vite apparue dans les débats pour penser le monde de l’après-confinement.

Notion ancienne issue de la physique, elle peut être définie comme la capacité à réagir, rebondir, s’adapter après un choc, par un travail d’anticipation de toutes formes de perturbations. Elle est de plus en plus présente dans les politiques publiques, en parallèle du besoin de changement des modes d’organisation spatiale de la société afin de répondre aux crises sociales, économiques, environnementales.

Risques sévères

Au niveau international, un réseau de 100 villes résilientes a été mis en place par la fondation américaine Rockefeller, permettant un partage et une mise en valeur d’expériences. Paris y adhère depuis 2015 et s’est dotée d’une équipe dédiée à cette thématique. Son travail, qui repose sur une prise en compte des risques sévères encourus par la ville et une adaptation rapide à ceux-ci, a permis d’absorber certains contrecoups de la crise sanitaire, notamment en créant des liens sociaux renforcés, jugeait Célia Blauel, adjointe à la maire de Paris, chargée de la résilience, dans une interview à « La Gazette », en mai.

Au-delà de Paris, de nombreux territoires se sont engagés dans des stratégies résilientes pour agir après une catastrophe. « La Gazette » a choisi de mettre en lumière trois types de réactions face à des incidents économiques ou climatiques, dans le Gard, à Toulouse et à Saint-Martin, dans les Antilles. L’enjeu sera de diffuser cette culture.

Le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema), qui travaille depuis plusieurs années sur le sujet, s’apprête ainsi à proposer une formation et une offre de services aux collectivités autour de cette notion.

Une chose est sûre, élaborer une telle politique ne relève pas que d’un niveau de collectivité : « Ce sera aussi une possibilité offerte aux acteurs locaux [citoyens, élus, techniciens, associations ou entrepreneurs] de dialoguer, apprendre les uns des autres, tisser des liens de confiance et élaborer ensemble des réponses adaptées aux réalités de terrain et aux chocs à venir », résume Nicolas Beaurez, directeur de projet « résilience » au sein du Cerema.