📑 Occuper l'espace sans béton ni appropriation : une thèse de doctorat

Se faire un platz dans la ville : Pratiques d’habitat informel, expériences de l’accès aux droits et mobilisations de familles roumaines vivant en bidonville
Thèse de Celine Veniat

La soutenance aura lieu lundi 14 octobre à 14h à l’EHESS au 54 bld Raspail en salle AS1-08.
Jury : Mr Daniel Cefaï, directeur d’étude à l’EHESS (CEMS) – directeur de thèse, > Mme Agnès Deboulet, professeure des universités, Université Paris 8 – rapporteuse, Mme Liora Israël, directrice d’étude à l’EHESS (CMH), Mr Patrick Simon, directeur de recherche à l’INED – rapporteur, Mr Tommaso Vitale, associate professor à Sciences Po Paris, La soutenance sera suivie d’un pot auquel vous êtes tou-te-s chaleureusement invité-e-s. Celui-ci se tiendra dans le hall de l’EHESS (54 bld Raspail) à partir de 17h30.

Résumé : Ma thèse est tirée d’une enquête ethnographique portant sur les pratiques d’habitat informel, l’expérience de l’accès aux droits et les mobilisations de familles roumaines vivant en bidonville en région parisienne. La première partie décrit les pratiques d’appropriation de l’espace urbain et les expériences quotidiennes de l’habiter des familles vivant en bidonville. Les habitants mettent à profit la disponibilité d’espaces inutilisés dans la ville en adoptant une stratégie de repérage et d’installation discrète en lien avec une circularité et un ancrage local. Chaque famille s’aménage un chez-soi en soignant son intérieur au gré des tournées de récupération et se ménage un lieu protégé dans lequel prennent place des relations familiales de sociabilité ordinaire. La deuxième partie est consacrée au parcours d’accès aux droits des familles, en particulier à la scolarisation et à la santé, et aux pratiques discriminatoires qu’elles rencontrent. Elle décrit le traitement discriminatoire à l’égard des familles des bidonvilles au moment des inscriptions scolaires, puis donne à entendre des témoignages de racisme ordinaire vécu par les enfants dans leurs relations avec les autres élèves. Elle démontre aussi les obstacles rencontrés par les habitants des platz dans leur parcours d’accès aux soins en se centrant notamment sur l’expérience des femmes et en donnant à voir les effets négatifs des expulsions. La troisième partie se concentre sur les formes de mobilisations mises en œuvre par les familles, et les acteurs qui les soutiennent, dans les espaces politiques et judiciaires. Les habitants se mobilisent dans l’espace judiciaire pour défendre le droit de rester dans le bidonville en mettant à profit la temporalité de la procédure pour obtenir un délai. A l’annonce de l’expulsion, les habitants vont transposer leurs émotions et leur expérience située en pratiques de mobilisation et de publicisation tout en développant des pratiques de négociation et de contestation en coulisses.